📝Produits 
solaires : 
Qui
 trompe 
qui
 ?


Communiqué de presse produits solaires du 3 juillet 2013

Jean-
Marc 
Giroux
Docteur
 en 
Pharmacie,
 Expert 
toxicologue 
pharmacologue
PrĂ©sident 
de 
Cosmed, 
l’association
 des 
PME 
de 
la 
filiĂšre 
cosmĂ©tique

DĂ©sormais,
 on
 semble 
assister 
tous 
les 
ans 
à
 la
 mĂȘme
 Ă©poque 
à
 un
 vĂ©ritable 
« solar
bashing
»
 dans
 certains 
mĂ©dias 
grand
 public.
Le
journal 
LibĂ©ration
 pendant 
l’étĂ© 
2012,
 la 
revue
 60
 millions
 de
 consommateurs
 cette
 annĂ©e.
Les
 SPF
 de 
plusieurs
 marques 
de 
produits
 solaires
 sont 
«
testĂ©s
»
 à
 la
 veille
 des
 vacances
 estivales.
 Les
 bonnes
 et
 mauvaises
 notes
 sont
 livrĂ©es
 à
 un
 public
 dĂ©sorientĂ©.
Dans 
son 
numĂ©ro 
484, 
60 
millions 
de 
consommateurs 
titre
 «
crĂšmes 
solaires 
: 
une
 protection 
trompeuse 
? 
»
 «
 un 
faux
 sentiment 
de
 sĂ©curitĂ© 
», 
«
 soupçons
 sur
 les 
indices 
».
L’effet
 d’une
 telle
 rhĂ©torique
 journalistique
 est
 efficace.
 Audience
 garantie.
 Malheureusement,
 ces
 lanceurs
 d’alertes,
 selon
 l’expression
 consacrĂ©e,
 s’appuient
 encore
 et
 toujours
 sur
 des
 bases
 erronĂ©es 
ou 
incomplĂštes 
qui
 ont
 maintes
 fois 
étĂ© 
dĂ©noncĂ©es.

La méthode de mesure « in vitro » : un faux sentiment de vérité.

60 millions de consommateurs reprend une sĂ©rie de tests in vitro rĂ©alisĂ©s par Laurence Coiffard, une personnalitĂ© scientifique contestĂ©e. Une nouvelle fois, il faut rappeler que les tests in vitro,utilisĂ©s actuellement pour la dĂ©termination de la protection UVB, ne sont ni fiables ni validĂ©s parles autoritĂ©s sanitaires dans le monde. Ils sont par ailleurs totalement inadaptĂ©s Ă  la mesure des SPF obtenus avec des filtres minĂ©raux, de plus en plus plĂ©biscitĂ©s par les consommateurs. Seuls les tests in vivo sur des testeurs volontaires sont reconnus et permettent aux entreprises d’enregistrer leurs produits dans tous les pays.

Les entreprises appellent de leurs voeux la mise au point de tests in vitro fiables, pour une raison simple : ils sont jusqu’à 10 fois moins chers ! Bien que non validĂ©s ils restent utiles, par exemple,pour approcher le SPF voulu lors d’un dĂ©veloppement de formule, pour Ă©valuer le niveau de protection UVA (norme ISO 24443). Ils peuvent aussi servir aux autoritĂ©s pour effectuer une prĂ©sĂ©lection des produits, en vu de contrĂŽles de grande envergure au niveau national. En aucun cas, les autoritĂ©s ne se basent sur les rĂ©sultats in vitro pour vĂ©rifier la conformitĂ© des SPF revendiquĂ©s. Ainsi, la marque de produit solaire pour bĂ©bĂ©, Natessance IP 30, nommĂ©ment mise en cause par le test in vitro de la revue 60 millions de consommateurs, a Ă©tĂ© reconnue conforme dĂšs 2008 par l’AFSSAPS (devenue l’ANSM) suite Ă  un contrĂŽle sur place des inspecteurs de santĂ© publique. Ce produit, de SPF 30 confirmĂ©, vient de faire l’objet, sur le mĂȘme lot, de trois tests in vitro dans trois centres experts renommĂ©s diffĂ©rents,(Paris, Bordeaux et Marseille). RĂ©sultats : Les valeurs sont toutes diffĂ©rentes selon le centre (34, 7, 14). MĂȘme constat avec le produit BiorĂ©gĂ©na Soleil SPF 50, 100% minĂ©ral, contrĂŽlĂ© parfaitement conforme par les autoritĂ©s. Autant de marques citĂ©es, autant d’exemples. Combien faudra‐t‐il de preuves comme celles‐ci pour que certains admettent que les tests in vitro ne sont pas encore reproductibles ?

60 millions de consommateurs s’est livrĂ© Ă  un dĂ©nigrement des marques, une diffamation des entreprises, une remise en cause des rĂ©glementations nationale et internationale ainsi que des compĂ©tences des inspecteurs de l’ANSM. Excusez du peu!

Pourtant, en octobre 2012, l’association Cosmed avait fait rĂ©aliser une expertise, sous contrĂŽle d’huissier,dĂ©montrant que les tests in vitro rĂ©alisĂ©s par Laurence Coiffard Ă©taient entachĂ©s d’erreurs de mesure. Cette information, publiĂ©e, lui a mĂȘme Ă©tĂ© transmise…sans qu’elle ne l’ai tjamais contestĂ©e depuis. L’étude Ă©tait bien connue de la rĂ©daction de 60 millions de consommateurs, qui l’a soigneusement Ă©cartĂ©e du dĂ©bat. En l’état actuel des connaissances, les tests in vitro pourraient ĂȘtre comparĂ©s Ă  un mĂštre decouturiĂšre Ă©lastique…la justesse de la mesure varie selon celui qui le manipule.

Des crĂšmes solaires « dopĂ©es aux anti‐inflammatoires »: une affirmation trompeuse

La faible activitĂ© anti‐inflammatoire de certains filtres UV est connue depuis prĂšs de 20 ans, en particulier pour les dĂ©rivĂ©s cinnamiques (type ParsolMCX). En soi rien de nouveau. Cette activitĂ© est 10 Ă  20 fois infĂ©rieure Ă  celle des anti‐inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens les plus courants utilisĂ©s par voie transcutanĂ©e (ex: acide niflumique). Il serait plus juste de parler de propriĂ©tĂ©s lĂ©gĂšrement apaisantes : approximativement le mĂȘme effet qu’entrainerait l’application sur la peau d’une compresse imbibĂ©e de thĂ© ! Objectivement, cela n’a aucune incidence sur la perception du coup de soleil pour 3 raisons.

‱ Les filtres solaires protĂšgent la peau des UVen absorbant le rayonnement et en se dĂ©gradant plus ou moins rapidement, selon la nature du filtre. Cette dĂ©gradation chimique leur enlĂšve,tout aussi rapidement, leurs faibles propriĂ©tĂ©s anti‐inflammatoires.

‱ Par ailleurs, un coup de soleil n’est jamais perçu au moment oĂč il survient. Il est ressenti plusieurs heures aprĂšs, le soir le plus souvent. Chacun en aura fait l’expĂ©rience. Un hypothĂ©tique pouvoir anti‐inflammatoire ne changerait donc pas la dĂ©cision du sujet decontinuer Ă  s’exposer ou pas.

‱ Enfin, il faut souligner que dans les conditions de rĂ©alisation des tests in vivo sur les sujets volontaires, le pouvoir apaisant des filtres solaires est si faible qu’il ne peut interfĂ©rer avec la lecture des rĂ©sultats. Les produits solaires ne sont donc aucunement « dopĂ©s » aux anti inflammatoires comme 60 millions de consommateurs le prĂ©tend.

Pour parvenir Ă  cette conclusion la revue s’est livrĂ©e Ă  un exercice invraisemblable. Elle affirme avoir rĂ©alisĂ© des tests sur animaux, sur souris prĂ©cisĂ©ment, au motif d’un « enjeu de santĂ© publique ». Cosmed a demandĂ© par Ă©crit Ă  recevoir le protocole d’essai du Centre d’Essai Comparatif. Sans rĂ©ponse. Et pour cause: les essais sur animaux sont en effet interdits depuis le 11mars 2009, en vertu de l’article 18 du RĂšglement cosmĂ©tique 1223/2009. De son cĂŽtĂ©, le test sur souris publiĂ© par L Coiffard Ă©tait inutile et ne s’inscrit plus dans la dĂ©marche Ă©thique que l’on attend dĂ©sormais de la communautĂ© scientifique. Inutile, car il n’apporte rien qui ne soit dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans la bibliographie. Non Ă©thique, car pour apprĂ©cier le pouvoir anti‐inflammatoire d’une substance, il existe de nombreux tests alternatifs Ă  l’expĂ©rimentation animale, notamment les tests ayant recours Ă  la mesure des mĂ©diateurs de l’inflammation sur des explants de peau humaine.

Pourquoi dans ce cas, avoir mutilĂ© des dizaines de souris avec le test PMA (Phorbol‐Myristate‐Acetate)? Un test dĂ©jĂ  trĂšs ancien qui provoque des souffrances importantes pour des rĂ©sultats sans grande prĂ©cision.

Le parti pris de la revue 60 millions de consommateurs laisse interrogateur. Absence d’objectivitĂ©,prĂ©sentation biaisĂ©e, amateurisme scientifique, utilisation hors la loi de tests sur animaux pour satisfaire la position d’un article, diffamation des entreprises… alors qui trompe qui vĂ©ritablement? La baisse continue des ventes et les difficultĂ©s financiĂšres de la revue sont connues. Pousseraient‐ellesla rĂ©daction vers la construction sur mesure de sujets polĂ©miques aux seules fins d’augmenter les ventes?Quoiqu’il en soit le mot de la fin revient Ă  une autre revue, UFC Que choisir, peu suspecte de complaisance Ă  l’égard de l’industrie. Selon ses propres tests, rĂ©alisĂ©s conformĂ©ment aux normes internationales,avec des protocoles clairement publiĂ©s, cette revue conclut : « Bonne nouvelle : les produits testĂ©s protĂšgent bien contre les UVA et les UVB...» C.Q.F.D

Contact Presse : Jean Marc GIROUX 06 17 08 54 75 giroux.jm@gmail.com

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