La cosmétique en quête d’éclat
Le marché français est pour partie dédié à l’exportation. Mais les ventes à l’étranger sont plus basses qu’en 2024 et la filière, bien représentée en Isère, doit s’adapter.
Période difficile pour l’industrie locale de la beauté ? En 2025, la filière cosmétique en Isère a perdu une place dans le classement de la chambre de commerce et d’industrie Auvergne-Rhône-Alpes (Aura) des produits exportés. Les produits chimiques, parfums et cosmétiques terminent donc troisièmes, avec 1 820 millions d’euros d’exportations, derrière les machines industrielles et agricoles, les machines diverses, et derrière les produits informatiques, électroniques et optiques (en première position). En 2024, la somme des exportations pour les produits chimiques, parfums et cosmétiques pesait pour 2 270 millions d’euros.
107 millions d’euros en Isère
Aura est la troisième région française en nombre d’entreprises de cosmétique, avec « environ 2 000 entreprises, de toutes tailles, pour un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros », précise Sophie Hericher, chargée des relations publiques et institutionnelles chez Cosmed, l’association professionnelle des TPE, PME et ETI de la filière cosmétique. Aura est également la deuxième région agricole pour la production de plantes à parfums, aromatiques et médicinales, selon Cosmed, et est aussi très active sur le secteur de l’emballage. . « L’Isère n’est pas un bassin dominant, mais elle a une industrie et un tissu d’entreprises locales dynamiques, avec beaucoup de cosmétiques naturels », analyse Sophie Hericher. L’Isère est donc le troisième département de la région, en nombre d’entités, derrière le Rhône et la Drôme. La cosmétique en Isère est représentée par de gros acteurs, comme les laboratoires dermatologiques Uriage, mais aussi par de jeunes pousses. La marque Powder, créée en Isère (mais désormais basée dans le sud-ouest de la France) a quadruplé son chiffre d’affaires cette année par rapport à l’an dernier, essentiellement grâce à la publicité, analyse sa créatrice, Agathe Beneteau : « C’est indispensable, d’où le fait de répondre à un besoin. »
Le vieillissement de la population
Dans la capitale européenne de l’innovation, Grenoble, mais également dans le reste du département les chercheurs ont de quoi faire dans le domaine de la beauté. « L’innovation sur ce territoire est représentée par des start-up innovantes telles que Kreatis, spécialisée dans les prédictions toxicologiques et chimiques in silico, et la société Genel qui utilise un modèle cellulaire 3D et des cellules primaires », précise Cosmed. Dans un secteur fortement tourné vers l’export, y compris avec l’Europe, les entreprises cherchent à se diversifier en atteignant de nouveaux marchés, notamment en Asie. Nouvelle réglementation et empreinte environnementale font aussi partie des enjeux de 2026. Mais la filière peut compter sur des atouts, comme le vieillissement de la population, ou encore l’innovation pour permettre à la cosmétique française de rester compétitive.
