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Conflit au Moyen-Orient : impacts sur les approvisionnements de la filière cosmétique

Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, concentré autour du Golfe, génère une forte volatilité pour l’industrie cosmétique. Packaging, ingrédients, logistique, tous les maillons de la chaîne sont touchés.
- Packaging : plastiques et aluminium en première ligne
Le secteur de l’emballage est le plus exposé à court terme. Dépendants des dérivés pétroliers et de la production métallurgique du Golfe, les fabricants voient leurs coûts s’envoler. La flambée du prix du pétrole se répercute directement sur le naphta, matière première des plastiques. Parallèlement, les perturbations logistiques ralentissent les importations depuis le Moyen-Orient vers l’Europe. Résultat : des flacons, pots et emballages souples plus chers, et un risque de rupture accru.
S’agissant de l’aluminium : Le Golfe représente près de 9 % de la production mondiale. Avec des prix atteignant 3 200 $/t début mars et des primes en hausse, les approvisionnements se tendent. Les aérosols, tubes et emballages premium risquent donc de voir leur coût grimper fortement.
- Ingrédients : l’effet du pétrole sur les formulations
L’industrie subit un double impact : les dérivés pétrochimiques et les matières premières végétales deviennent plus coûteux.
- Ingrédients synthétiques : Les solvants et conservateurs issus de la pétrochimie suivent mécaniquement la hausse du pétrole.
- Huiles végétales et oléochimie : La montée des prix du pétrole favorise les biocarburants, réduisant la disponibilité d’huiles comme le palme ou le colza pour la cosmétique. Les tensioactifs utilisés dans les shampoings et gels douche, ainsi que les dérivés d’huiles tropicales (coco, palmiste), sont également affectés, avec des prix en forte hausse.
- Logistique et production : une facture énergétique qui grimpe : les chaînes d’approvisionnement sont contraintes : le contournement du détroit d’Ormuz et la hausse des assurances maritimes rallongent les délais et renchérissent le coût des importations d’ingrédients exotiques ou d’emballages d’Asie et du Moyen-Orient. Par ailleurs, la flambée du gaz et de l’électricité en Europe, aggravée par l’arrêt des livraisons de LNG qatari, augmente le coût des opérations industrielles énergivores (mélange, conditionnement).
Les entreprises peuvent consulter l’analyse de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les matières premières réalisée par SVP, partenaire de Cosmed.
En lien direct avec le Ministère de l’Économie, Cosmed met en place un suivi régulier des impacts de ces événements sur la filière et informera ses adhérents de manière continue afin de les aider à anticiper et à réagir aux évolutions du marché.
En cas d’urgence vous pouvez contacter la cellule de crise de la DGT : crise-moyen-orient@dgtresor.gouv.fr ou visionner les pages du site de la DG Trésor sur lesquelles trouver la liste des contacts dans les missions économiques des pays de la zone : www.tresor.economie.gouv.fr/tresor-international.
Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a mis en place un centre de crise et de soutien à ce numéro : +33 1 43 17 51 00. vous pouvez également identifier les contacts consulaires dans chaque pays de la zone à consulter pays par pays sur le site : www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/afrique-du-nord-moyen-orient/evenements/article/consignes-de-securite-pour-les-francais-de-l-etranger-situation-au-moyen-orient
Exportations au Moyen-Orient : fermetures administratives en Arabie Saoudite et en Israël

Dans ce contexte géopolitique, plusieurs pays de la région ont renforcé leurs mesures de cybersécurité. Par mesure préventive, la plateforme administrative et de certification FASEH (Arabie Saoudite) a été temporairement fermée. En Israël, les bureaux administratifs du ministère de la santé ont également suspendu leurs activités habituelles (enregistrement de produits) et ne délivrent actuellement que des documents d’urgence (décès, vaccination etc.).
Les documents requis pour l’exportation de produits cosmétiques ne peuvent donc pas être obtenus jusqu’à nouvel ordre et sans visibilité pour le moment. Cette situation entraîne des retards, au-delà des difficultés logistiques actuellement observées dans la région.
Plus d’informations : regulatory1@cosmed.fr
États-Unis : droits de douane illégaux, les entreprises vont-elles être remboursées ?

Suite au jugement rendu le 20 février par la Cour suprême des États-Unis, déclarant illégale une partie des droits de douane dits « réciproques » et ouvrant potentiellement la voie à des remboursements pour les entreprises concernées, aucune procédure officielle de restitution n’a encore été annoncée à ce stade. Les entreprises sont donc invitées à conserver soigneusement leurs preuves de paiement et à suivre les décisions de la U.S. Court of International Trade, chargée de préciser les modalités d’éventuelles restitutions.
Plusieurs entreprises ont déjà engagé des recours afin de récupérer les montants versés, parmi lesquelles L’Oréal, FedEx et Revlon. Certains importateurs ont également saisi la justice pour demander la mise en place rapide d’un mécanisme de remboursement simplifié.
Le calendrier demeure toutefois incertain : la mise en œuvre d’un tel dispositif pourrait prendre plusieurs mois, voire plusieurs années.
Plus d’informations : regulatory1@cosmed.fr
REP eaux usées : Cosmetics Europe voit son recours rejeté par la Cour, débat sur le fond toujours ouvert

Le recours déposé par Cosmetics Europe contestant la mise en place de la REP sur les eaux usées a été rejeté par la Cour de Justice européenne. La Cour a motivé sa décision en soulignant qu’une fédération ne peut pas contester une directive en son propre nom. Elle ne s’est toutefois pas prononcée sur le fond, c’est-à-dire sur la validité ou la pertinence des arguments avancés par le secteur cosmétique.
Cosmetics Europe conteste le mécanisme de REP prévu dans la révision de la directive sur les eaux urbaines résiduaires (UWWTD), en démontrant que la contribution de la filière cosmétique a été largement surestimée en lui attribuant des substances interdites, non utilisées ou ubiquistes. L’ensemble du secteur cosmétique, dont Cosmed, plaide pour une REP proportionnée et sollicite l’introduction d’une clause « Stop the Clock », afin de suspendre l’implémentation de la directive le temps de conduire des études scientifiques robustes et d’évaluer l’impact réel sur l’ensemble des secteurs concernés pour ensuite envisager, sur cette base, une révision du texte.
En revanche, un recours demeure, celui de la Pologne, qui conteste également la REP et dont l’examen est encore en cours.
A suivre …
Comment protéger votre marque en ASEAN ?

L’Asie du Sud-Est est un marché en pleine expansion pour la cosmétique, avec une croissance annuelle prévue de 3,55 % jusqu’en 2029. Pour accompagner les PME européennes qui souhaiteraient exporter dans cette zone, le South-East Asia IP SME Helpdesk, service de la Commission Européenne, propose un guide pratique pour sécuriser marques, brevets, droits d’auteur, designs et licences en ASEAN. Ce service fournit des conseils gratuits, confidentiels et adaptés aux PME, afin d’exporter sereinement dans la région.
Plus d’information : regulatory2@cosmed.fr
Adoption de la loi de finances 2026 : un cap favorable aux PME

Après quatre mois de débats, la loi de finances pour 2026 a été adoptée. La CPME, dont Cosmed est membre, s’est fortement mobilisée pour défendre une fiscalité stable, lisible et propice à l’investissement des PME. Parmi les mesures clés :
- Maintien du crédit d’impôt recherche (CIR) ;
- Prolongation des exonérations fiscales pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) ;
- Adaptation du crédit d’impôt industrie verte jusqu’en 2028 ;
- Pas de hausse des accises sur le gaz ;
- Maintien du pacte Dutreil, facilitant la transmission des entreprises familiales.
La CPME reste vigilante et propose une synthèse pour aider les entreprises à comprendre les enjeux.
