Newsletter 271

Conflit au Moyen-Orient : impacts sur les approvisionnements de la filière cosmétique

Le conflit impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran, concentré autour du Golfe, génère une forte volatilité pour l’industrie cosmétique. Packaging, ingrédients, logistique, tous les maillons de la chaîne sont touchés.
- Packaging : plastiques et aluminium en première ligne
Le secteur de l’emballage est le plus exposé à court terme. Dépendants des dérivés pétroliers et de la production métallurgique du Golfe, les fabricants voient leurs coûts s’envoler. La flambée du prix du pétrole se répercute directement sur le naphta, matière première des plastiques. Parallèlement, les perturbations logistiques ralentissent les importations depuis le Moyen-Orient vers l’Europe. Résultat : des flacons, pots et emballages souples plus chers, et un risque de rupture accru.
S’agissant de l’aluminium : Le Golfe représente près de 9 % de la production mondiale. Avec des prix atteignant 3 200 $/t début mars et des primes en hausse, les approvisionnements se tendent. Les aérosols, tubes et emballages premium risquent donc de voir leur coût grimper fortement.
- Ingrédients : l’effet du pétrole sur les formulations
L’industrie subit un double impact : les dérivés pétrochimiques et les matières premières végétales deviennent plus coûteux.
- Ingrédients synthétiques : Les solvants et conservateurs issus de la pétrochimie suivent mécaniquement la hausse du pétrole.
- Huiles végétales et oléochimie : La montée des prix du pétrole favorise les biocarburants, réduisant la disponibilité d’huiles comme le palme ou le colza pour la cosmétique. Les tensioactifs utilisés dans les shampoings et gels douche, ainsi que les dérivés d’huiles tropicales (coco, palmiste), sont également affectés, avec des prix en forte hausse.
- Logistique et production : une facture énergétique qui grimpe : les chaînes d’approvisionnement sont contraintes : le contournement du détroit d’Ormuz et la hausse des assurances maritimes rallongent les délais et renchérissent le coût des importations d’ingrédients exotiques ou d’emballages d’Asie et du Moyen-Orient. Par ailleurs, la flambée du gaz et de l’électricité en Europe, aggravée par l’arrêt des livraisons de LNG qatari, augmente le coût des opérations industrielles énergivores (mélange, conditionnement).
Les entreprises peuvent consulter l’analyse de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur les matières premières réalisée par SVP, partenaire de Cosmed.
En lien direct avec le Ministère de l’Économie, Cosmed met en place un suivi régulier des impacts de ces événements sur la filière et informera ses adhérents de manière continue afin de les aider à anticiper et à réagir aux évolutions du marché.
En cas d’urgence vous pouvez contacter la cellule de crise de la DGT : crise-moyen-orient@dgtresor.gouv.fr ou visionner les pages du site de la DG Trésor sur lesquelles trouver la liste des contacts dans les missions économiques des pays de la zone : www.tresor.economie.gouv.fr/tresor-international.
Le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères a mis en place un centre de crise et de soutien à ce numéro : +33 1 43 17 51 00. vous pouvez également identifier les contacts consulaires dans chaque pays de la zone à consulter pays par pays sur le site : www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/afrique-du-nord-moyen-orient/evenements/article/consignes-de-securite-pour-les-francais-de-l-etranger-situation-au-moyen-orient
Exportations au Moyen-Orient : fermetures administratives en Arabie Saoudite et en Israël

Dans ce contexte géopolitique, plusieurs pays de la région ont renforcé leurs mesures de cybersécurité. Par mesure préventive, la plateforme administrative et de certification FASEH (Arabie Saoudite) a été temporairement fermée. En Israël, les bureaux administratifs du ministère de la santé ont également suspendu leurs activités habituelles (enregistrement de produits) et ne délivrent actuellement que des documents d’urgence (décès, vaccination etc.).
Les documents requis pour l’exportation de produits cosmétiques ne peuvent donc pas être obtenus jusqu’à nouvel ordre et sans visibilité pour le moment. Cette situation entraîne des retards, au-delà des difficultés logistiques actuellement observées dans la région.
Plus d’informations : regulatory1@cosmed.fr
Sobriété hydrique : Cosmed décroche un AMI au profil de ses adhérents

Cosmed a été retenue dans le cadre d’un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) lancé par l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée & Corse, doté d’un budget global d’un million d’euros. L’association se voit confier la coordination d’une initiative collective à l’échelle de l’industrie cosmétique, avec un objectif clair : accompagner les entreprises dans la réduction des micropolluants et la maîtrise de leur consommation d’eau.
Les entreprises dont les projets seront validés pourront bénéficier de soutiens financiers significatifs : jusqu’à 70 % pour les TPE et PME, et jusqu’à 40 % pour les ETI et grands groupes.
Ce programme s’articule autour de quatre axes principaux
- Définir les impacts qualitatifs et quantitatifs de l’activité industrielle sur la ressource en eau,
- Caractériser les rejets et installer des équipements visant à réduire les émissions de micropolluants,
- Mettre en place des actions et des équipements d’économie d’eau,
- Définir des indicateurs de pilotage des consommations et des rejets, et générer des données de référence sectorielles.
Les entreprises ont jusqu’au 30 juin 2026 pour déposer leur candidature.
Pour toute information, participez le 3 avril à 10H au webinar organisé par Cosmed de présentation de l’AMI et des conditions d’obtention.
Plus d’infos : environnement@cosmed.fr
Les lingettes passent à l’Info-tri

Dans le cadre du déploiement de la filière REP dédiée aux textiles sanitaires à usage unique, la signalétique Info-tri applicable aux lingettes et aux masques de beauté a été validée par les autorités. L’entrée en vigueur de cette nouvelle signalétique est fixée au 5 février 2027. Cependant, cette mesure n’est que transitoire
Elle devrait être remplacée à terme par un étiquetage harmonisé, probablement issu du règlement PPWR (emballages et déchets d’emballages, qui prévoit, rappelons-le, une signalétique de tri européenne pour les emballages, prévu pour août 2028.
En attendant cette harmonisation, le duo Triman + Info-tri s’impose comme la référence obligatoire. Un choix assumé par l’Exécutif (loi DDADUE) pour éviter tout vide informatif auprès des consommateurs. Bonne nouvelle pour les industriels : l’État étudie des pistes de flexibilité pour faciliter la bascule vers le futur cadre européen. Les contours de l’étiquette harmonisée pour les emballages devraient être définis d’ici le 12 août 2026.
Plus d’infos : reglementaire@cosmed.fr
PFAS : le projet de restriction européen avance enfin…

Après 2 années d’analyse, le RAC (Comité d’évaluation des risques) a adopté son opinion sur le projet de restriction des PFAS. De son côté, le SEAC (Comité d’analyse socio-économique), a rendu son avis préliminaire ouvert à consultation jusqu’au 25 mai 2026 afin de confirmer ou d’ajuster les conclusions relatives aux impacts socio-économiques de la proposition de restriction. La publication des opinions finales de ces 2 comités d’évaluation de l’ECHA est attendue d’ici fin 2026.
Dans l’intervalle, le projet d’avis du SEAC est soumis à consultation publique jusqu’au 25 mai 2026, afin de confirmer ou d’ajuster les conclusions relatives aux impacts socio-économiques de la proposition de restriction. Une fois les avis du RAC et du SEAC publiés, le projet de restriction sera examiné par la Commission européenne, qui proposera alors une modification de l’annexe XVII du règlement REACH. Cette étape pourrait aboutir à une publication en 2027.
A suivre…
Adoption de la loi de finances 2026 : un cap favorable aux PME

Après quatre mois de débats, la loi de finances pour 2026 a été adoptée. La CPME, dont Cosmed est membre, s’est fortement mobilisée pour défendre une fiscalité stable, lisible et propice à l’investissement des PME. Parmi les mesures clés :
- Maintien du crédit d’impôt recherche (CIR) ;
- Prolongation des exonérations fiscales pour les Jeunes Entreprises Innovantes (JEI) ;
- Adaptation du crédit d’impôt industrie verte jusqu’en 2028 ;
- Pas de hausse des accises sur le gaz ;
- Maintien du pacte Dutreil, facilitant la transmission des entreprises familiales.
La CPME reste vigilante et propose une synthèse pour aider les entreprises à comprendre les enjeux.
